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juin 27, 2018 Commentaires fermés sur DJ Spotlight: Chabela (Côte d’Ivoire) Views: 69 News

DJ Spotlight: Chabela (Côte d’Ivoire)

La musique, en particulier forte et dansante, est partout en Afrique. Et pourtant les DJs, artisans derrière les murs de son, demeurent trop souvent dans l’ombre. Ce n’est pas comme ça que nous voyons les choses: nous tenons à vous informer des DJs qui poussent les limites musicales au travers du continent.

Pour débuter cette série, nous vous présentons Chabela, basée à Abidjan (Côte d’Ivoire). Je l’ai rencontrée au festival Africa Bass Culture à Ouagadougou (Burkina Faso) en mars 2017. Nos chemins se sont croisés à Abidjan depuis, et avec le temps, j’ai commencé à réellement apprécier l’engagement de Chabela pour la musique, et pour pousser la scène abidjanaise. Sa passion brille au travers de ses mix méticuleux, c’est donc un plaisir de partager ici sa dernière mouture, ainsi que cette interview:

Tu peux me parler un peu de tes origines musicales?

Mes origines musicales sont très éclectiques. J’ai été autant influencé par le hip hop/R & B, le reggae, la soul… ou même du classic rock! J’ai toujours été curieuse de tout. Mais la musique ivoirienne et africaine, surtout retro, restent profondément ancrées en moi.

En effet, j’ai grandi avec la collection de vinyles de mon père. Non pas qu’il était nécessairement un grand amateur de musique, mais il avait ses disques qu’il passait souvent et à dire comme tout bon parent africain « ça c’était la bonne époque, la bonne musique ». A l’époque ça nous agaçait,  mes frères et moi, mais avec le temps et une oreille plus exercée, je me suis rendue compte qu e « Mon Père  avait raison  » . Je me retrouve régulièrement à en écouter et y puiser l’inspiration.

Comment as-tu commencé à mixer?

A la demande de mes amis… L’histoire classique dans un premier temps. J’étais celle qui passait la musique en soirée ou à qui on demandait de le faire. 

J’avais la sensibilité pour réunir tous les genres en fonction des préférences des uns et des autres et que chacun arrive à se retrouver pour créer une bonne ambiance.

Puis je me suis retrouvée à organiser et promouvoir des soirées à Abidjan axées essentiellement musique électronique avec sonorités africaines, l’initiative Électropique qui a pas mal contribué à promouvoir cette scène en 2015 et 2016 à Abidjan. Du coup, à force d’en écouter, et garder une cohérence sur ce qu’on proposait avec mon associé, j’ai commencé à réunir une base de données musicales que je partageais toujours avec mes proches, avec tellement d’enthousiasme qu’ils m’encourageaient tout le temps à passer derrière les platines. J’ai fini par me jeter à l’eau et adorer faire ça! 

Quelle est ta routine actuelle? Est-ce que tu joues souvent, comment est-ce que ça évolue pour toi, quels types d’événements, quels styles musicaux, quel genre de public?

Pour ma routine, j’ai négocié une animation hebdomadaire dans un espace alternatif à Abidjan qui s’appelle La Fabrique Culturelle. C’est un lieu de promotion des arts et cultures à travers des programmations variées à Abidjan. Ça me permet de garder la main, d’être en recherche de nouveaux sons.

Après j’ai des évènements que j’organise à travers mon propre concept Eneo, des sortes de soirées à la maison mais avec live Band, bar et DJ set,  également des soirées avec notre collectif Kamayakoi composé de 2 autres DJs, Praktika et Mydriase et d’une Scénographe/promotrice, Madina Diallo. Et des animations de soirées avec d’autres initiatives et espaces.

Peux-tu nous parler un peu de la scène au sein de laquelle tu te positionnes? 

J’avoue que je me cherche encore vu le terrain notamment ivoirien, sur lequel je tente de me positionner.  Je dirais DJ de musique électronique (house, deep house, afrohouse), mais on est sur une scène où tout est à construire, à proposer, là où la musique mainstream surtout nigériane est entièrement leader. Du coup, il faut quand même être ouverte tout en restant puriste dans le genre que je souhaite jouer et qui est de l’électro mais avec un lineup assez éclectique.  Mais j’aime ce challenge d’être sur un endroit où tout est à faire en ce qui concerne ce genre! Il faut être passionnée et aimer ce que tu joues.

Tu peux parler d’Abidjan en général, ou de scènes plus ciblées, comme tu préfères

Comment dire, non pas parce que je suis Ivoirienne, mais je suis une grande fan d’Abidjan! J’aime l’énergie de cette ville, les possibilités et on s’ennuie rarement. Les gens restent ouverts, je peux le voir surtout avec les soirées Kamayakoi et Eneo, où on passe pour le coup que de l’electro et que les gens restent vraiment réceptifs. 

Après comme beaucoup j’ai des ambitions de jouer ailleurs que sur Abidjan, découvrir ce qui se fait ailleurs, apprendre… J’ai eu la chance de voir un tout petit peu ce qui se passe en Afrique du Sud qui reste la scène de référence de ce courant musical en Afrique, l’ Europe, et j’avoue que la scène Berlinoise m’a complètement chamboulée, en terme de qualité de DJing et j’ai envie d’y faire mes armes.

Quels ont été tes plus beaux moments derrières les platines?

Difficile de choisir, y’en a tellement! Les moments où je ne suis que DJ et que je n’ai pas besoin de m’occuper de l’organisation de la soirée. 

Des moments où tu ne comprends pas d’où t’es venue l’inspiration et tu sors des « Drops » qui créent des moments de folies pendant la soirée, quand la piste est vide et d’un coup blindée!

Bien sûr mon premier festival « Africa Bass Culture » en tant que DJ, à Ouagadougou au Burkina Faso. Dans un autre registre, j’ai eu dernièrement l’occasion de mixer en dehors d’Abidjan, à Assouindé, avec un nouveau collectif de DJs et j’ai vraiment pris du plaisir à mixer pour cette soirée. Je sentais que je m’amusais tout le long!

Quel est ton but en tant que DJ, quelles sont les prochaines étapes à franchir pour y parvenir?

J’aimerais faire de la production en dehors de mixer uniquement pendant les évènements. 

Trouver une agence, avec laquelle j’ai envie de collaborer pour s’occuper de la partie booking et d’autres choses. Pour le moment je m’occupe de tout moi même, je pense que c’est important de le faire soi même au début, mais il faut savoir déléguer à un certain point pour s’ouvrir à de nouveaux challenges.

Peux-tu nous parler de ce mix en particulier, comment tu l’as conçu et ce qu’il signifie pour toi? Est-ce qu’il reflète ce que tu joues en live?

 J’ai préparé ce mix comme je prépare un set warmup en soirée. Avec l’envie de faire monter le mercure assez rapidement sans que ça soit agressif. J’aime l’expression “organic » mais “chaleureux »! Pendant nos échanges avec Benjamin j’avais déjà une ossature de ce que je souhaitais faire, un mix afrohouse, tout en rajoutant la petite touche purement house, en gardant les sonorités africaines. Le plus dur était de garder une cohérence dans tout ça :).

Pour les trois premiers sons, j’ai choisi des transitions plus longues, pour créer un effet boiling, et le rythme s’accélère ensuite avec des mashups. On finit avec un edit de l’interprétation du Bolero de Ravel par Angélique Kidjo, que j’avais envie de faire découvrir et qui s’intègre bien au mix pour digérer le tout.

Tracklist:

1/ Dele Sosimi Afrobeat Orchestra – Too much Information – Laolu Remix 

2/ Culoe de Song – Y.O.U.D – Y.O.U.D

3/ Hyenah – Usuthu (Drums Dub)

4/ William Onyeabors – Atomic Bomb remixed by John Talabot

5/ The Black Madonna – Exodus | Stripped & Chewed

6/ Black Coffee Ft Toshi – Buya

7/ Black Motion – Banane Mavoko

8/ Mr Raoul K – Mr Raoul K ‘Just In A Moment Of Balafon Journey’

9/ Angelique Kidjo – Lonlon (Cigarra Edit)

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